Entretien avec Émilie Grison, artiste peintre rennaise

Suite à l’exposition des toiles d’Émilie Grison, au sein du centre d’affaires OUIFLEX | Rennes – Gare, et en parallèle de l’inauguration de la salle qui porte désormais son nom, l’artiste peintre rennaise a accepté de se prêter au jeu des questions – réponses. Entretien complet.
Bonjour Émilie, peux-tu te présenter et raconter ton parcours ?
E. G. : « J’ai un parcours assez atypique puisque j’ai commencé la peinture il y a 10 ans seulement. Je suis venue à peindre par l’art-thérapie, avec une amie. Je n’avais ni d’a priori ni d’attente particulière. Je suis ressortie avec des éclairages et ce support de peinture – sculpture. Au début, j’ai peint simplement pour me défouler, me faire du bien, puis c’est devenu une activité. J’ai eu envie de peindre des histoires, et plus particulièrement celles des femmes. »
Comment se passe la création d’une toile ?
« Quand je peins, je suis dans l’instant présent, je ne pense à rien d’autre. C’est l’activité où je m’apaise, où tous les sens sont en éveil. Je suis concentrée, dans ma bulle. Tout ça fait que je me sens bien. »
« Je travaille toujours à partir de photos. Je vais faire mon dessin de base et ajouter de la couleur. Avant de commencer à peindre, je ne sais pas à quoi cela va ressembler à la fin. Je commence par remplir le visage et ensuite, je fais les yeux. C’est là que la toile s’anime, prend vie. »
« Auparavant, je commençais une toile et je la terminais. Maintenant, j’arrive à faire 2 toiles en même temps, notamment pour des raisons techniques : le temps que la peinture sèche. Cependant, mon salon n’est pas extensible. Je rêve d’un grand atelier ! »

Comment décrirais-tu ton style ? Que signifie ce terme d’« artiste peintre coloriste » ?
« Au départ, j’ai fait du collage, du fusain. J’avais trouvé ça beau. Ça m’a pris des années pour trouver vraiment mon style. Le style s’affine au fur et à mesure du temps. Je vois l’évolution, quand je compare aux toiles réalisées à mes débuts. »
« En art-thérapie, les couleurs suscitent des émotions. J’ai eu envie de mettre de la couleur sur mes toiles pour donner le sourire aux gens et qu’on se sentent bien en les regardant. L’un des plus beaux compliments que l’on puisse dire, c’est d’avoir l’impression que les toiles nous regardent, et d’apprécier le côté coloré, féminin, pétillant. »
As-tu des influences ou sources d’inspirations particulières ?
« Oui, il y a plein d’artistes que j’adore, un peu dans le même style : Lara Kaló, qui est une artiste plasticienne espagnole, ou encore Raphaël Laventure, un peintre sculpteur. J’apprécie aussi le travail de Cécile Desserle. »
Vers quoi souhaiterais-tu faire évoluer ton style et ton activité ?
« J’aimerais beaucoup faire plus d’abstrait avec de la résine époxy. Mais c’est un produit qui met 48 heures à sécher, cela suppose une pièce sans air, dont je ne dispose pas chez moi. Je voudrais bien également faire des giclées à la Jackson Pollock, mais là aussi, ce n’est pas compatible avec mon espace de peinture actuel. Autrement, je souhaiterais peindre sur des plus grandes toiles que maintenant (1,50 m x 1,50 m). »
« À l’avenir, je souhaite organiser des cours de peinture, ouverts simultanément aux parents et enfants, et faire visiter mon atelier. »

Après l’exposition dans le centre de coworking à Rennes, tu inaugures une salle à ton nom. Quel est ton sentiment à ce propos ?
« Je suis flattée, forcément, je me dis que c’est la première fois. C’est d’autant plus agréable que j’apprécie Stéphane (Directeur général OUIFLEX), et que lui apprécie mon travail. Je suis ravie aussi que mes toiles aient pu rendre les espaces de travail plus agréables. »
Pour conclure, peux-tu nous dire un mot sur tes futurs projets ou des envies particulières ?
« J’ai un cheval de bataille : l’art doit être accessible à tous. Quand j’étais enseignante, j’emmenais mes élèves SEGPA au musée. Je voudrais développer des visites où je présente une exposition (via un Reel par exemple dans un premier temps) pour inciter les personnes à se déplacer. Pourquoi ne pas lancer une collaboration avec les musées pour simplifier l’art, en partant du principe que si ça m’a plu, ça pourrait plaire aux autres. »
